Nice, 14 juillet, la chaleur, les cigales, la mer et le retour pour Emile et moi de notre première expé.

Initialement nous devions partir au Pérou en Cordillère Huayhuash. Mais la météo et la nivologie n’étant pas bonnes, dû au phénomène El Nino, nous avons décidé de changer de plans. Notre nouveau point de chute sera la BOLIVIE avec pour objectif principal la face Sud de l’Illimani (6438m).

Notre avion atterrissant à Lima (réservé bien à l’avance), ce voyage commença par une trentaine d’heures de bus pour rejoindre La Paz, capitale bolivienne. Un baby road trip à travers le Pérou et l’altiplano.

La Cordillère Real est une chaine de montagnes bordant l’altiplano et possédant de nombreux sommets à plus de 6000m. A son pied, La Paz est quant à elle à 4000m d’altitude. Pour nous petits Alpes-inistes, nous allons côtoyer des altitudes auxquelles nous n’avons pas l’habitude.

N'ayant aucune expérience en termes d'acclimatation, nous avons décidé de prendre notre temps.
Après une petite rando au Chalcaltaya (5395m), nous sommes partis 3 jours dans le petit massif du Condoriri. Basés au bord d’un lac, nous avons commencé les hostilités par un sommet réputé de Bolivie, la Tête du Condor (ou Condoriri) à 5648m, premier test en haute altitude pour nous. C’est une très belle course sur une arête effilée qui offre un magnifique panorama. Le lendemain, fatigués de cette première montée en altitude, nous nous contenterons du Pic des Autrichiens à 5350m.

A La Paz, nous avons retrouvé des amis à nous, Thomas ARFI et Manu CHANCE, tous deux également en expé. Etant à une rue d’écart, les journées furent remplies par de belles balades et les soirées mouvementées ! Ils nous ont présenté Aldo RIVEROS, guide UIAGM et président du syndicat des guides de Bolivie. Il nous a permis de découvrir la ville et de nous aider à préparer nos sorties en montagne.

Pour notre seconde phase d’acclimatation, nous avions pour objectif la barre des 6000m. Objectif atteint avec le sommet du Huayna Potosi, 6088m. C’est le sommet emblématique de la cordillère Real, proposé par toutes les agences de trekking. Son accès est très simple et l’ascension se fait en deux petites journées. Cette première expérience à 6000m s’est très bien passée pour nous.

Pour parfaire notre acclimatation et en guise de premier objectif d’ouverture, nous sommes allés en face sud du Mururata (5869m). Ce sommet est sauvage car il est dans l'ombre des deux 6000m voisins, le Huayna et l'Illimani. Son sommet forme un plateau glaciaire, la légende dit qu'il représente un géant décapité. Un premier jour est nécessaire pour accéder au bivouac situé au bord d’un superbe lac. Face à la paroi Ouest de l’Illimani, cette journée en montagne nous a offert de splendides panoramas. Grace aux bonnes conditions de cette année, une ligne vierge était formée au centre de la face. Le programme du lendemain fut chargé. Les difficultés sont constituées de trois longueurs délicates en glace (5 max), et le reste, de belles pentes à 65° quelques fois en neige très inconsistante. Malgré le mauvais temps et quelques batailles avec les spindrifts, un superbe coucher de soleil nous attendait pour notre arrivée au sommet. Le nom de cette petite voie est "Love City" TD+/90°/IV/400m (référence à une soirée passée à La Paz avec nos autres compères). Nous avons bivouaqué 50m sous le sommet à 5800m car nous voulions passer une nuit en altitude avant l’Illimani. Le dernier jour nous sommes rentrés à la civilisation par une longue, voire interminable descente le long d’une ancienne vallée minière (comme souvent en Bolivie). Vive les bavantes !

La phase d’acclimatation se termine pour nous. Nous passons quelques jours à La Paz pour se reposer avant le départ pour l’Illimani. A partir de ce moment, notre expé a pris une autre tournure.


Jour J, Aldo a eu la gentillesse de nous déposer à la mine du versant sud de l'Illimani. Mais dès le départ, Emile ne se sentait pas très bien. Après une bonne pause à la mine, nous décidons de faire l'approche pour bivouaquer non loin de la face. Nous espérions qu’Emile se requinque durant la nuit. Le lendemain, rien de mieux... voire pire, impossible pour lui de faire cinq pas sans vomir. Malgré les superbes lignes vierges qui nous tendaient les bras, nous sommes redescendus et rentrés à la ville par les bus 100% locaux. But 1.

Emile a finalement attrapé une salmonellose et eu besoin d’une bonne semaine de repos pour s’en ‘remettre’. Ensuite la météo n’a pu nous permettre, avec de la neige et 100km de vent, de retourner en haute montagne… Le créneau pour l'Illimani était passé. But 2. Puis nous voulions partir dans le massif du Quimsa Cruz faire de la belle grimpe en granit. Mais cette fois ci les bus, complets sur plusieurs jours, nous posent problèmes... But 3.

Après ces trois échecs, nous sommes rentrés au Pérou quelques jours plus tôt.
Nous avons tout de même grimpé plusieurs jours sur une superbe falaise à 4h de Lima. Yuracmayo est un secteur calcaire perché à 4600m offrant de magnifiques longueurs du 5 au 8b+ d’une trentaine de mètres. Nous nous contenterons de petits bijoux entre 6b et 7b+, murs, colos et concrétions sont au rendez-vous. (Au passage, le potentiel de cette falaise est immense, faudra revenir avec des spits et un perfo)

Quelques soirées et quelques balades à Lima conclurent ce superbe voyage à travers les Andes.

Une chose est sûre, avec Emile, nous repartirons en expé.

Quelques photos de ce voyage !

Un GRAND merci

aux Bourse Expé,

à la FFME

au GMA500

à Masherbrum

et à la Bobine Bleue

Expériences Boliviennes.
Retour à l'accueil